17 mai 2013


GROUPES DE PAROLES DU 
SAMEDI 25 MAI 2013 :


- FAMILLE DE 10 à 11 HEURES.
- PATIENTS/ANCIENS PATIENTS DE 11H15 à 12H15.


VEUILLEZ CONFIRMER VOTRE PRÉSENCE PAR MAIL ailepapillon@gmail.com. 

MERCI D'AVANCE.

3 mai 2013

Atelier Théâtre en Association avec la compagnie Je Pars à Zart


Compte-rendu Atelier du MARDI 16 AVRIL 2013



Intervenants : Arthur Clot et Arnaud Jabouin.
Heure : 15h à 17h
Thématique : Exercices ludiques, détente et improvisation 
Après une heure de route, de détours et de petits chemins de campagne, nous voilà arrivés (seins et saufs) à la Clinique Stella, au cœur du village de Vérargues.
Un peu timides, nous nous présentons à l’accueil, l’intendante nous adresse un large sourire et nous dit que « tout le monde nous attend, dans la petite salle en pierre, avec un piano ».

Au total, huit participantes dépendantes du service des Troubles du Comportement Alimentaire nous attendaient, plus deux membres du personnel soignant et une infirmière.
Nous découvrons huit jeunes femmes, de tous âges (de 17 à 34 ans) issues de formations multiples, mais bien souvent en rapport avec le monde artistique.
Sur proposition du personnel soignant, elles ont choisit de leur propre chef de participer à ces ateliers, la plupart d’entre elles expriment dès le commencement les attentes qu’elles ont vis-à-vis de ces deux heures de théâtre hebdomadaire : «
 oublier notre quotidien », « sortir des émotions », « s’amuser et découvrir », « passer un bon moment ».

15h30, on démarre le premier atelier par un exercice de relaxation. Allongées sur le sol, bercées par la voix d’Arnaud, elles détendent leur corps et se concentrent sur leur respiration.
Une fois relevées, elles réveillent cette fois chaque partie de leurs corps par une douche mimée. Par le biais de la friction des leur membres, c’est un exercice de prise de conscience corporelle. Enchaînant les « douches » de plus en plus rapides pour atteindre les 10 secondes, leurs visages se dérident, quelques unes sourient. Puis Arnaud leur demande de mimer une bougie qui fond : partant du haut de la tête jusqu’aux pieds, le corps doit se mollir progressivement. Idem, de plus en plus vite.

C’est ensuite Arthur qui prend le relais, par un exercice d’appropriation de l’espace. Chacun doit marcher dans la salle de manière aléatoire sans se toucher, et s’arrêter puis reprendre d’un même pas lorsque qu’Arthur frappe dans ses mains.

Un esprit de groupe et d’écoute commence à se former, les participantes s’impliquent et semblent être très concentrées, encouragées par Arthur et Arnaud. Ceux-ci ajoutent un élément, on doit marcher dans l’espace en s’imaginant des surfaces différentes, et donc une gestuelle adaptée : dans de la terre, de la colle, de la boue, de la glace, de la harissa, des bouts de verre… ! On constate que les patientes se prennent au jeu, sautillent dans de la sauce piquante, glissent sur du verglas, ou évitent d’un air très consciencieux les milliers de bouts de verre acérés qui les entourent. Puis Arthur décide de leur imposer des saisons : hiver transperçant, tout le monde grelotte, se glace, certaines se congèlent même et terminent en glaçon, jusqu’à fondre au soleil du printemps pour cueillir par la suite des fleurs d’un air guilleret.  (Idée d’Arthur)

Après une pause de 10 minutes, on commence les exercices d’improvisation : une trousse est posée sur une table, et chacune doit imaginer une autre utilisation de l’objet par un petit passage. La trousse devient tour à tour brosse à cheveux, télécommande, raquette de tennis, micro, carafe à jus d’orange…
Dernier exercice, « le cadeau » : improvisation à deux, chacun doit définir un personnage qui souhaite offrir un cadeau différent à la même personne que son partenaire, le tout pour un passage de 3, 4 minutes par binômes. Les jeunes femmes se révèlent être très précises et à l’aise pour la plupart, imaginant tour à tour des scénarios drôles, absurdes, conflictuels.

L’atelier se termine, les patientes nous remercient et lancent des « à mardi prochain ! » avec sourires et confiance.

Un premier test, qui pour ma part a été à la hauteur de mes espérances, idées et attentes.

La suite au prochain épisode avec Jess & Louise… : )

                                                                                                                            Mona Cambon (Comédienne & Coordinatrice du projet)

                                                                  Compagnie Je Pars à Zart au Théâtre Pierre Tabard

30 avril 2013

Compte rendu Congrès ACT - 13 Avril 2013


Association ACT, Redonnons du sens au Comportement Alimentaire.

Compte rendu du Congrès du 13 avril 2013.

Le 13 avril, nous nous rendons M, P, C, S, S, et M (ainsi que 4 autres anciens stelliens) au congrès d'ACT, ouvert au public à l’hôtel Atria à Nîmes.

Au programme: L’obésité et les Troubles du Comportement Alimentaire, avec l'ouverture par le témoignage émouvant de Mme Bernède suivi d'un intermède musical en hommage aux patients décédés de la maladie.

Ce qu'il faut retenir :

Isabelle BLONDIAUX (psychiatre et docteur en philosophie: Le mot "solitude" est celui qui ressort le plus sur la vulnérabilité d'une personne. On se rend compte par la suite que la médecine a quitté le milieu scientifique pour rejoindre le milieu politique, ce qui change une grande partie de la prise en charge de la maladie : on "criminalise" la maladie".

Pour elle, il existe 3 forme de temporalité:  

1) La mesure de temps.
2) Changement avec Newton qui dit que le temps devient un objectif ou une chronologie.
3) Le temps existe maintenant aussi sous le nom de temps des actions à faire mais il diffère d'avec le temps de conscience de nos actes. Enfin dans un temps imparti, un moment de silence est important. "La chair est un corps habité".                                                                                                                                                                                                 

A. CHABLIS (psychothérapeute) : « Habiter son corps c'est être conscient de soi. Pour la gestion des émotions, il faut donc être dans l'instant présent.
Qu'est-ce que je veux dans la vie ? Il faut prendre le temps de se poser et de répondre à cette question.
« Commencer à vieillir, c'est commencer à regretter »
La cohérence entre la respiration et le cœur est importante, il faut pouvoir la mettre en diapason avec son rythme de vie. »

A SAFFER (clinicien et diététicien) : « La pleine conscience est donc importante. Le rapport au temps choisi diffère en rapport du temps subi.
Le cerveau a besoin de pauses toutes les 90 mins. Le sommeil est quelque chose d'important car il permet de « réparer » ce que l'on a vécu dans la journée pour pouvoir préparer l'avenir.
Il est essentiel aussi d'écouter ses sensations émotionnelles, en apprenant à le travailler et en essayant de trouver un rythme.
Se centrer sur soi est important voir primordial. »
Enfin pour lui, « souffrir » est une chance car cela nous permet de voir ce qui est le plus important pour nous.

Immobilisme : opposition aux changements

THERAPIE :
Acte 1 : le soignant doit mettre en confiance afin que le patient puisse se construire, se faire confiance et bâtir confiance en lui même.
Acte 2 : laisser du temps, respecter le rythme du patient
Acte 3 : le rôle des parents est important dans la prise en charge de la maladie. Ils doivent pouvoir faire confiance au thérapeute, en respectant le temps de l'enfant ou de l'adulte malade . « Les parents sont les passeur de la maladie vers la guérison »

Nous avons tendance à nous enfermer dans un cercle vicieux qui au fil du temps s'entretien.
Éprouver des sensations désagréable est normal et UNIVERSEL, seulement les problème surviennent lorsque l'on part en guerre contre ces ressentis que l'on juge mauvais.
La thérapie de l'ACT, c'est de faire des actions engagées malgré les souffrances.
Le courage représente la volonté qui vient du cœur. Il faut donc lâcher prise car la culpabilité signifie se charger en poids.
« La vie est une scène de théâtre où ce qu'il y a en nous est un comédien » A. CHABLIS.
« Ce n'est pas en tirant sur la tige de la jonquille qu'elle va pousser plus vite » Proverbe Chinois.


FINALITE ACT :
1) Vivre en paix avec ses émotions en apprenant à les accueillir avec douceurs, tristesses, anxiété, honte, culpabilité...
2) Faire le meilleur  choix pour soi ici et maintenant en écoutant son cœur
3) Investir nos énergies pour l'important (santé, amis, vie de couple, …)
4) L'outil principal est le COURAGE, il faut ACTER.


Pour en savoir un peu plus :
 « Les kilos émotionnels » de Florian SAFFER
« Faire face à la souffrances » de Benjamin SCHOENDOFF
« Le piège du bonheur » de HARRIS

Récit de M et C.

12 avril 2013

Bibliographie




Voici une liste non exhaustive, de livres pouvant aider à la fois les personnes atteintes de TCA ainsi que leur entourage. N'hésitez pas à nous proposer vos ouvrages.




Comment sortir de l'anorexie ? Et retrouver le plaisir de vivre.
Broché/François Nef Et Yves Simon.


L’anorexie est souvent présentée comme une maladie mystérieuse, incurable. Pourtant, contrairement à ce que sa sinistre réputation pourrait laisser croire, l’anorexie, cela s’explique et cela se soigne. La guérison passe par des soins médicaux et psychologiques, mais aussi par l’attitude de la famille et des proches. Ce " guide pour s’aider soi-même " propose des pistes concrètes, des conseils issus de la pratique clinique des auteurs ainsi que des recommandations d’experts. Où commence l’anorexie ? Quand faut-il s’inquiéter ? Quand la peur de grossir devient-elle obsessionnelle ? Comment expliquer l’anorexie ? Quelles sont ses causes ? Ses conséquences ? Quel est le rôle de la famille et de l’entourage ? Comment sortir l’anorexie ? Que doit faire l’anorexique ? Que peuvent faire la famille, les conjoints ?


Légère comme un papillon
Relié/Michela Marzano

 


"Des années durant, j'ai cherché par tous les moyens à devenir aussi légère qu'un papillon. Et j'y suis presque arrivée. En termes de kilos, s'entend. Car pour ce qui est du reste, la vie a souvent été trop pesante pour moi. De devoir être la meilleure. De m'efforcer de répondre aux attentes des autres. D'oublier Alessandro, d'abandonner mon pays, de faire du français ma langue. Mais le plus pesant fut de recommencer à vivre..."Dans ce livre intime et émouvant, la philosophe Michela Marzano raconte son histoire d'anorexique, faite de douleurs dérobées, de moments intenses, de secrets familiaux, mais cette histoire personnelle, ce passé qui ne passe pas, c'est aussi la souffrance de beaucoup d'entre nous. Le savoir nous permet-il de triompher du corps ? Ou ne serait-il qu'une science sans conscience ?



10 avril 2013

Atelier cuisine thérapeutique (partie 3)



Samedi 23 mars, 7h du matin, le réveil est toujours aussi difficile pour être à 8h45 au désormais célèbre restaurant « L’Anguille Sous Cloche ».

8h30, I. passe prendre Ca. et K. à Montpellier. Je ne sais pas pourquoi mais je sens déjà que nous ne serons jamais à l’heure et que le quart d’heure de retard Montpelliérain va être dépassé !

9h15, nous arrivons enfin et nous rejoignons D. notre chef, Ma., A., CL, B., J. ainsi que E. et Mi., nos deux belles infirmières de la clinique.
D., notre chef, est un peu fatigué aujourd’hui, il a la grippe. 

Mais pas de temps à perdre, direction les halles où nous devons choisir nous-même les accompagnements pour l’œuf poché et le pavé de saumon.
Après de grandes discussions autour de la marchande de fruits et légumes, nous nous sommes enfin mises d’accord sur le menu du jour.

Au programme :
-          Œuf poché servi sur un lit de purée de carottes avec une tranche de lard en entrée ;
-          Pavé de saumon accompagné d’une ratatouille fondante en plat principal ;
-          Soupe de chocolat au coulis de mangue en dessert.

De retour en cuisine, nous nous divisons en plusieurs groupes pour réaliser nos mets.

Pendant que Cl., J. et M. épluchent toutes les carottes dans une ambiance joyeuse, B. et P. s’attaquent aux courgettes et poivrons pour notre ratatouille.


De l’autre côté, D. sort le saumon. Pas des pavés de saumon (cela aurait été trop facile) mais THE saumon de Norvège en entier avec sa petite tête et ses yeux. Même pas peur, D. nous explique comment enlever la peau et l’arrête centrale facilement.
Une fois notre saumon tout nu, un duel entre A., B. et les petites arrêtes qui font de la résistance démarre. Munies de leur pince à épiler, elles ne leur laissent aucune chance ! Merci à vous, pas d’arrêtes au menu !

Enfin, I., Ca et K. prépare le dessert et il est vrai que K. bave devant.


Comme d’habitude, quelques projectiles de crèmes, des épluchures, etc. volent dans la cuisine et atterrissent sur des vêtements, mais tout cela reste bonne enfant ; et permet de dédramatiser le repas à venir.

Soudain, D. sort un grand bac rempli d’eau avec un thermomètre (vous êtes sûr qu’on est toujours dans une cuisine là ?!). Nous comprenons rapidement que c’est pour nos œufs.
Et oui, faire un œuf poché est plus compliqué qu’il n’y paraît : il faut le laisser cuire pendant 1h dans de l’eau à 60 degrés, pas un de plus. Quelle pression, sans mauvais jeu de mots !

Après avoir fait mijoter nos petits légumes, préparé notre pain et laissé cuire nos œufs, nous passons à table.



L’ambiance est plus détendue que la dernière fois et les rires sont au rendez-vous, malgré quelques blagounettes ratées ! Heureusement, pas besoin de curly aujourd'hui (petit clin d’œil au désormais célèbre slogan stellien : si t’a pas d’amis, prends un curly).



A 14h30, après avoir passé un excellent moment, il est l’heure de nous séparer.

Rendez-vous le 20 avril pour la suite des épisodes !!!!

28 mars 2013

Tirage de la tombola des Papillons

Vous avez nombreux à participer et nous vous remercions chaleureusement.
Voici la liste des gagnants.

Lot N°1 - 1 Nuit dans un hôtel de Luxe à Pézenas : Mme PUECH Cécile
Lot N°2 - 1 Menu au Bistrot de Caro à Lunel : Mme GRABIANOWSKI
Lot N°3 - 1 Menu à L'Anguille Sous Cloche à Lunel : Mme SAEZ Valérie
Lot N°4 - 2 Menus déjeuner à La Réserve Rimbaud : Mr SULTAN Jean-Paul
Lot N°5 - 2h en studio d'enregistrement à Carcassonne : Mme GATOUNES
Lot N°6 - Panier cosmétique Séphora : Mme LABEE Isabelle
Lot N°7 - Séance de pilates : Mr NUEL Olivier
Lot N°8 - Séance de shiatsu : Mme LHÔTE Béatrice
Lot N°9 - Initiation au dessin : Mme LABEE Isabelle
Lot N°10 - 10 euros en bon d'achat aux Halles de Lunel : LABBEE Isabelle
Lot N°11 - Panier garni de Chic et Bohème : Mme CHARPENTIER Sylvie
Lot N°12 - Modelage californien à l'école d'esthétique de Narbonne : Melle NUEL Ivane
Lot N°13 - Écharpe tricotée main : Mme GIRAUT Audrey
Lot N°14 - Soin du Visage à l'école d'esthétique de Narbonne : Mme GIRAUD Sylvie
Lot N°15 - Luminaire n°1 : Mme GIRAUD Mireille
Lot N°16 - Luminaire n°2 : Le bar LE TRIANON
Lot N°17 - Luminaire n°3 : Joël de JPS MAUZINALI
Lot N°18 - Luminaire n°4 : Mr BENSSOUSSAN Bertrand
Lot N°19 - Panier garni brocante : CAS PLUS
Lot N°20 - Panier Bio : Mr BENSSOUSSAN Bertrand
Lot N°21 - Echarpe tricotée main : Mr MUNCK Philippe
Lot N°22 - Echarpe tricotée main : Mr DOMIS André
Lot N°23 - Echarpe tricotée main : Melle NUEL Ivane
Lot N°24 - Bon d'achat à Biocoop : Mme ROMANA Patricia
Lot N°25 - Menu(s) dans un restaurant nouvellement ouvert à Gruissan : Melle SERRA CAROLINE
Lot N°26 - Lot de tasses à café : Mme COLLETTE MARIE
Lot N°27 - Parure de bijoux fantaisies : Mme GATOUNES
Lot N°28 - Parure de bijoux fantaisies : Mme SAEZ Marcelle
Lot N°29 - Chaussure de Cendrillon moussante : Mr SULTAN Jean-Paul
Lot N°30 - Panier cosmétique de la Pharmacie centrale de Pézenas : Mme GRABIANOWSKI Laurence
Lot N°31 - Panier cosmétique de la Pharmacie centrale de Pézenas : Mme COLLETTE MARIE
Lot N°32 - Lot de tasses à café : Mr MONTIEL Jean-Baptiste


24 mars 2013

Atelier cuisine thérapeutique (partie 2)


Samedi 23 février, 7h du matin, le réveil fut difficile ...
Nous arrivons à 8h45 (ou presque, n’oublions pas le quart d’heure de retard montpelliérain ...) à l’Anguille sous cloche.


Menu du jour :
-       -   soupe de cresson accompagné d’une tranche d’agneau en entrée ;
-       -   lapin en sauce avec une purée de pomme de terre (faites par nos blanches mains bien sûr) ;
-       -   pommes caramélisées sur palet breton accompagnées de chantilly au caramel en dessert ;
-       -   petit financier pour le café. 


Tout un programme qui promet beaucoup de travail en cuisine. Pas de temps à perdre, D. notre chef est dans les strarting block !! A peine le temps de prendre un petit café, direction les halles pour nos emplettes.
K. et I. déjà présentes au dernier atelier, connaissent l’astuce pour ne pas finir congeler aux halles. Elles se dirigent donc direct vers les rôtissoires ! 
Après un petit tour chez le marchand de fruits et légumes ainsi que chez la crémière, retour en cuisine pour se mettre au travail.
Aujourd’hui, nous ne formons pas deux équipes pour la soupe, sans doute que la soupe de carottes au curry de la fois précédente a refroidi notre chef ...
Plusieurs petits groupes se forment pour s’occuper des différents plats à préparer. Notre chef est toujours aussi pédagogue et nous explique les aliments qui se marient bien ensemble et nous laissent une liberté totale pour cuisiner en nous donnant la marche à suivre. Il sort aussi le grand jeu : pots de 5 litres de crème, motte de beurre pour la préparation du lapin, ce qui ne fait pas rire certaines ...
En même temps, un fou rire se déclenche entre K. et I. lors de la sortie du four des financiers et la spontanéité de Mme D. en les voyant : "Miam, je mangerai bien ce qui dépasse !". 
Pendant que nous cuisinons, nous accueillons une journaliste chargée d'écrire un second article sur notre atelier. Pour connaître la suite, il faut aller lire l’article !
Une fois la journaliste partie, l’heure de passer à table arrive. Nous partageons un moment ensemble et dégustons nos mets très bon.  Merci à Mme D., qui a réussis à réconcilier K. avec le lapin !
Nous nous séparons après cette folle journée et rendez-vous est pris pour dans un mois !






4 février 2013

Petit guide d'une personne au comportement boulimique


Qu’est ce que la boulimie ? 


La boulimie fait partie des pathologies des Troubles des Conduites Alimentaires (TCA). Le comportement boulimique se traduit par des crises de frénésie alimentaire à une fréquence de deux à trois par semaine. Le principe de la crise de boulimie est le suivant : ingurgiter un maximum d’aliments en un minimum de temps. On est bien loin du stéréotype d’une femme mangeant, pour se réconforter, une tablette de chocolat. Ce véritable remplissage pulsionnel est systématiquement suivi d’un comportement compensateur : purge, hyperactivité, jeûne, utilisation de laxatifs… Cette compensation, dans l’esprit d’une personne atteinte par la boulimie, a pour but d’effacer l’acte, de se déculpabiliser face à la prise alimentaire et à maîtriser son poids.

Ce comportement pathologique peut s’expliquer par plusieurs éléments. Tout d’abord, une personne atteinte par la boulimie a une mauvaise image de soi : son image corporelle ne la satisfait jamais. Elle cherche à tout prix à contrôler son poids par la restriction alimentaire. Ainsi, en se privant de certains aliments qu’on qualifie d’ « aliments interdits », son envie de les manger n’en est que plus grande. A force de contenir sa frustration, elle finit par « craquer » et là, vient la crise. On peut également caractériser la crise de boulimie comme un remplissage émotionnel étant donné qu’elle sert souvent à combler un vide, enfouir des angoisses ou palier à de trop fortes émotions. Enfin, le comportement boulimique provient surtout d’une mauvaise estime de soi, d’un mal être intérieur. Ainsi, le comportement boulimique est un système d’autodestruction mis en place par une personne souffrant de troubles psychiques.

La crise de boulimie a pourtant pour premier but de se faire plaisir, de trouver du réconfort ou une sorte d’apaisement. Cependant, ce plaisir est de courte durée (environ 5 minutes) et laisse place à des conséquences beaucoup plus négatives : honte, dégoût de soi, culpabilité, dévalorisation de soi…  Le comportement compensatoire favorise le retour d’une nouvelle crise. Par exemple, en se restreignant ou en jeûnant  le corps et notre esprit nous pousse à de nouveau nous remplir. Ainsi, le comportement boulimique est en quelque sorte un cercle vicieux où la personne par ses crises alimentaires renforce son mal être intérieur. 

Ainsi, le comportement boulimique a de multiples conséquences. Tout d’abord, il entraîne des problèmes de santé chroniques (troubles dentaires, dénutrition…) mais également des complications somatiques aiguës comme l’hypokaliémie. De plus, au niveau psychosocial, cela engendre un isolement car la personne atteinte n’a plus confiance en soi et vit dans un profond malaise. Ses proches n’ont souvent plus confiance en elle car ils redoutent la venue d’une crise donc la surveillent. Cela pousse la personne au mensonge : une énorme culpabilité et un besoin de « s’auto-punir » en découlent.

Face aux conséquences dramatiques de ce comportement, une seule question se pose :


Comment sortir du comportement boulimique ?


Pour atteindre « le mieux vivre », une personne atteinte de TCA passe par ces différentes étapes selon des intervalles de temps différents pour chacun. Le déni est la phase où on ne se considère pas atteint par la pathologie, on ne voit pas son comportement de manière objective ce qui empêche d’enclencher le processus de guérison. Cette étape, souvent difficile pour les proches qui nous entourent, est suivie par le doute. On commence à comprendre qu’on ne va pas forcément bien, on recherche des informations. C’est à cette étape que se prononce le nom du trouble et qu’on accepte de l’entendre : la boulimie. Après cette prise de conscience, malgré que l’on se sente fragile, qu’on ait peur de perdre le contrôle, on commence à se dire (même si on ne sait pas comment) qu’il serait bien que l’on résolve notre problème. On se retrouve donc dans une démarche de soins. Cela nécessite de faire des efforts, de lâcher prise et d’accepter les règles. On se fixe des objectifs et on accepte l’échange avec les soignants c'est-à-dire leur parler pour être entendu mais aussi les écouter pour modifier les pensées « toxiques ». Après avoir choisi des moyens pour atteindre son objectif (la guérison), on doit nécessairement casser ses habitudes ou rituels, remettre en question son fonctionnement et mettre en œuvre de nouvelles techniques. Cet ensemble d’actions permettra ainsi de changer, d’être en bonne santé et de vivre tout simplement.

Nous avons donc décrit, dans les grandes lignes, toutes les étapes à franchir qui mènent à la guérison. Désormais, nous allons vous donner certaines clés pour sortir du comportement boulimique. Tout d’abord, nous poserons des solutions pour éviter la restriction. Ensuite, nous présenterons les moyens pour inhiber les comportements compensateurs. Enfin, la gestion des crises alimentaires sera abordée.

La restriction, l’ennemi bien-aimé à éliminer

La restriction alimentaire fait partie intégrante de la pathologie : c’est la « lune de miel » de la boulimie. On contrôle notre alimentation à la « perfection », on perd du poids, on s’approche peu à peu (sans jamais le toucher) de notre « idéal physique ». Lorsque l’on est en restriction, on sélectionne les aliments que l’on a le droit de manger. La plupart du temps, les « aliments interdits » sont associés à des pensées négatives souvent dévalorisantes (« Je vais devenir énorme si je mange ce carré de chocolat »). Ils sont souvent représentés comme des poisons car on a peur en se les autorisant de déclencher une nouvelle crise (« Je ne peux pas manger du fromage sinon je vais refaire une crise »). La première étape pour sortir de la restriction est de prendre conscience de la sélectivité alimentaire. Est-ce que je ne mange pas de cet aliment parce que je ne l’aime pas ou plutôt parce que j’en ai énormément envie ? C’est là, la question essentielle… Il est également nécessaire de préciser que souvent, la restriction peut concerner une ou plusieurs catégories d’aliments (exemple : féculents, protéines animales…). Or, l’Homme a besoin de toutes ces catégories de nutriments pour que son métabolisme fonctionne correctement : il devient donc urgent de les réintégrer à votre alimentation !

Après avoir repéré vos aliments interdits, commencez la réintroduction. Lorsque vous mangez pour la première fois un de vos aliments interdits, la « voix » de la pathologie vous criera très fort que vous prenez un énorme risque, « que c’est mal »… Peu à peu, à force d’efforts, cette voix sera moins forte et vous pourrez tout simplement apprécier les aliments qui vous font plaisir. La restriction alimentaire est qualitative mais aussi quantitative. Souvent, les personnes aux comportements boulimiques n’ont plus de sensations alimentaires (la faim, la satiété). Cette perte de sensations est due notamment à nos pensées toxiques qui poussent notre cerveau à zapper ces signaux. Prendre un repas, sans sensation alimentaire, devient difficile mais vous devez prendre l’initiative de manger en quantité suffisante. Lorsque votre corps n’est pas assez nourri, il réclame la nourriture de plus en plus fort (comme un bébé qui pleure) ainsi si vous ne l’écoutez pas, la pulsion vers la nourriture n’est que plus forte. Il est donc nécessaire de manger en quantité suffisante pour sortir du schéma boulimique. Au début, les soignants vous aiguilleront sur la quantité à prendre puis peu à peu, vous aurez l’image de l’assiette qu’il vous faut.

Sortir de la restriction est une étape certes difficile, on prend conscience qu’on ne pourra pas ressembler à la personne de nos rêves, mais, néanmoins fondamentale pour abandonner le comportement pathologique. Il faut éliminer la pensée que « c’est en se restreignant qu’on ne fera pas de crise ». Vous pensez que la restriction vous protège de la crise mais en réalité, c’est un faux-ami, elle ne fait que vous y pousser.


Se nourrir puis compenser : quels intérêts ?

Une habitude, un rituel… La compensation fait partie intégrante du cercle infernal de la boulimie. Elle peut prendre toutes les formes : vomissements, jeûne, laxatifs, hyperactivité. C’est systématique, obligatoire ; on ne peut rien faire pour changer ce fonctionnement. Vraiment ? On ne peut rien y faire ? Vous êtes sûrs ? Nous allons prendre l’exemple d’une voiture. Lorsqu’on fait le plein à la station essence, c’est pour pouvoir faire des kilomètres, tranquilles, s’évader, partir à l’aventure. Maintenant, ramenons cela à la nourriture. On mange pour pouvoir vivre notre vie sans chute ou vertige. Si on mange pour après éliminer (ou compenser), on peut se poser la question : mais où est la vie, là-dedans ? Est-ce que je dois me battre pour éliminer la nourriture de mon corps pour pouvoir vivre ? La nourriture ne doit-elle pas être mon « partenaire » dans la vie ? Une fois que l’on s’est posé toutes ces questions, on peut peut-être prendre conscience que ce rituel ne rime à rien et qu’au contraire il nous écarte de la vie.

Maintenant, il ne vous reste plus qu’à éradiquer cette sale habitude. Le vomissement, après un repas, vous procure peut-être un soulagement mais est ce que cette petite minute de « bien » vaut vraiment le coup pour toutes les conséquences cliniques qu’elle entraîne ? On peut par exemple citer : les troubles dentaires, l’hypokaliémie qui peut mener à la crise cardiaque… La meilleure chose à faire, c’est de décider d’arrêter. Pour casser cette habitude, les soignants sont là : attendre 30 minutes après le repas, fermer la salle de bains… Les outils sont mis à votre disposition, il vous suffit de les prendre en main ! Est-il rationnel de sauter plusieurs repas après une crise alimentaire ? Vous forcez votre organisme à inhiber votre sensation de faim. C’est un combat épuisant qui ne vous dirige vers un seul chemin : une nouvelle crise. Il serait donc quand même plus simple d’oublier la dernière prise alimentaire et de manger une ration normale. Vous pensez peut-être que le sport est un véritable plaisir pour vous, que c’est le seul moyen pour vous détendre après une prise alimentaire… Maintenant, posez-vous et réfléchissez. Est-ce que faire du sport à un tel rythme est vraiment une partie de plaisir ? Est-ce que l’envie de « bouger » ne succède-elle pas à la culpabilité de manger ? Vous n’avez pas fait du sport votre métier, il doit rester un loisir ! Alors, à chaque fois que vous mettez vos baskets, réfléchissez si cela sera un loisir ou une obligation.

Votre valeur ne dépend pas de votre capacité sportive, votre poids… Vous êtes avant tout quelqu’un d’authentique pas une série de deux chiffres. Oublier un peu de faire le vide dans votre estomac, remplissez vous au contraire de toutes les petites choses de la vie. Il existe de nombreuses manières de se faire plaisir, il vous suffit juste de trouver celles qui vous conviennent.


Pour que la crise se transforme en excès-plaisir

L’envie de faire une crise est de l’ordre de la pulsion ; on perd totalement le contrôle de nous-même pour se jeter sur la nourriture. Si on y regarde de plus près, l’envie de faire une crise provient souvent des comportements antérieurs (restrictions qualitatives et/ou quantitatives) ou encore d’un surplus d’émotions, bien souvent négatives. Lorsqu’on sent la pulsion monter, la meilleure chose à faire est de réfléchir. Ca paraît impossible à réaliser mais pourtant plus le temps passe plus l’intensité de la crise diminue. On peut le décrire comme ceci :
Vous allez donc chercher à retarder au maximum la pulsion. Pour cela, essayez d’analyser vos pensées et vos émotions qui vous entraînent vers la crise alimentaire. Ensuite, vous pouvez essayer de vous rappeler tout ce qu’entraine de négatif une crise : douleur, culpabilité, honte, angoisses, fatigue (si vomissement)… Ainsi, faire une crise ne résout en rien votre mal-être et vous entraîne plutôt vers d’autres problèmes. Enfin, vous pouvez choisir une autre alternative parmi les « solutions alternatives ». Cela peut être parler à une personne de confiance, écrire, faire une activité artistique qui vous procure du plaisir et de l’apaisement. Toutes ces solutions alternatives doivent être établies bien avant que l’envie de crise ne vous vienne. C’est toujours mieux de l’avoir préparée pour pouvoir l’utiliser quand la panique s’empare de vous. Si vous ne réussissez pas à éloigner cette pulsion, ce n’est pas grave, ce n’est pas parce qu’ « une fois, on y arrive pas que l’on n’y arrivera jamais ». Il faut surtout apprendre à remonter la pente lorsqu’on a fait notre crise, c'est-à-dire ne pas la considérer comme une catastrophe et s’interdire le retour dans le cercle vicieux restriction/compensation. Cette perte de contrôle n’enlève rien à votre véritable valeur, votre monde ne s’écroule pas avec cette petite « erreur de parcours ».

 Dans l’Aile Papillon, le Docteur Sultan a mis en place les « crisettes ». La crisette consiste à manger 3 ou 4 aliments interdits dans votre chambre, seule ou accompagnée d’un soignant. Il est utile de le faire en pleine conscience pour éviter d’être en prise à une trop forte émotion. Vous vivez, en fait, l’expérience d’une « crise » à tête reposée. Cet exercice vous permet, tout d’abord, de relativiser par rapport à vos aliments interdits : finalement, ils n’ont pas un « pouvoir » sur vous, ce sont juste des aliments, un point c’est tout. Vous pourrez vous centrer sur vous et analyser ce que vous ressentez en toute tranquillité. Ces crisettes vous sont aussi nécessaires pour pouvoir relativiser par rapport aux crises mais aussi comprendre qu’on peut trouver un certain réconfort et plaisir avec quelques aliments. Vous arriverez donc à diminuer la quantité avalée pour trouver un juste milieu entre vos besoins et votre envie. Enfin, ces « mini-crises » vous apprennent à casser le cercle vicieux de la restriction/compensation. Peu à peu, à force d’entraînement, vous arriverez à relativiser par rapport à votre prise alimentaire et finalement, vous vous concentrerez sur les choses importantes de la vie, plutôt que la quantité de calories que vous avez ingurgitées. Ainsi, en gérant vos crises, vous découvrirez que vous pouvez vous faire plaisir avec la nourriture tout simplement.


Comment on s’en débarrasse ?

Ce petit guide vous a donc renseigné sur ce qu’était exactement la boulimie et vous a également présenté quelques outils pour vous en sortir. Cependant, un point reste à traiter : l’estime de soi et la confiance en soi. Pour résoudre cela, la tâche n’est pas aisée… Cette amélioration de l’estime de soi est permise grâce aux entretiens avec le personnel soignant, qui vous apprend à vous accepter tel que vous êtes et surtout à surmonter vos peurs. Ils seront à votre écoute pour vos confidences mais vous permettront aussi de porter un nouveau regard sur vous-même. Oublier un peu la perfection, accepter vos défauts, ne pas rejeter votre vraie nature… Votre valeur n’est pas écrite par les deux minuscules chiffres sur la balance mais plutôt par ce que vous êtes à l’intérieur de vous, autrement dit votre personnalité qui vous rend unique. Dans l’unité « Aile Papillon », vous allez pouvoir vous retrouver face à vous-même et donc vous redécouvrir. Cette redécouverte vous permettra de vous regarder sans honte face au miroir parce que, finalement, vous prendrez conscience que vous êtes quelqu’un de bien. Ainsi, vous pourrez  faire la paix avec vous-même. Ce travail personnel est long et très difficile mais le jeu en vaut la chandelle. C’est un combat de tous les jours : il n’y a pas de bouton ON/OFF pour la « voix » de la pathologie. Cependant vous apprendrez à l’identifier et à passer à autre chose plutôt qu’à l’écouter. Finalement, vous ne trouverez plus aucun intérêt à garder la boulimie avec vous et c’est vous qui la lâcherez.


Marlène , un papillon qui s’est envolé.